Employee Communication Day : un colloque qui révèle des tendances émergentes dans la communication

Un article de Christine Donjean - 28 octobre 2021

L’histoire des organisations est un parcours qui peut se révéler très inattendu : pour notre association, séparée depuis 2009 de la branche néerlandophone, devenue vonk, il est un rendez-vous incontournable, c’est le colloque que nous organisons en commun une fois par an.

Ironie de l’histoire, nous décidons cette année de quitter Bruxelles, empêtrée dans une lutte sans fin contre l’épidémie de Sars et optons pour Louvain, enfin plus exactement Leuven. Dans le magnifique collège d’Irlande, une superbe église désacralisée. Finalement sur les lieux mêmes où 50 ans plus tôt, la scission entre le KUL et l’UCL devient réalité. En effet, c’est le 2 février 1971, après 3 ans de crise institutionnelle et politique, la crise dite du « Walen buiten » que fut posée la première pierre du futur campus de Louvain-la-Neuve, en présence du roi Baudouin.

Cela étant, ces retrouvailles furent bienvenues et cordiales. Plus de 150 participants en ont fait l’heureuse expérience.


Bien des choses nous rassemblent encore, dont au premier plan l’intérêt pour les évolutions de notre métier, particulièrement celles qui ont été induites par la crise de la Covid. Ainsi furent évoqués la digitalisation accélérée des organisations, avec les risques de fracture numérique accrus qu’elle charrie, la démonstration de la nécessité d’un retour à l’humain plus marqué, la montée en puissance de la communication inclusive,… Sur ce dernier point, le colloque représente sans doute l’acte un d’une série d’initiatives de formation et de sensibilisation. Mais ce qui a tout spécialement fait l’objet de notre attention, c’est la preuve de l’inventivité et de la créativité des communicants en temps de confinement, de chômage technique et de télétravail, autant de phénomènes qui ont fait éclater les communautés de travail. Les communicants ont littéralement été contraints de réinventer leur métier. Nous en avons eu de multiples preuves et les avons partagées et commentées.

 

Par contre, ce qui semble moins partagé de part et d’autre de la frontière linguistique, c’est le choix de orateurs. Autant l’ABCi, comme le fait l’AFCi en France, fera appel de manière préférentielle à des intervenants issus des organisations et à des académiques plutôt qu’à des agences, des personnes qui font état d’expériences de terrain ou de recherches universitaires, autant voit-on se développer en parallèle, du côté flamand, une autre approche, plus anglo-saxonne sans doute, qui elle privilégie la présence d’intervenants issus d’agences de communication. Il s’agit de personnes extrêmement présentes sur les réseaux sociaux, LinkedIn en particulier, qui partagent des points de vue apparentés au storytelling institutionnel. Le propre de ces intervenants est de partager leur savoir mais aussi de le commercialiser. Il s’agit bien sûr de tendances générales mais qui témoignent de conceptions divergentes de la communication, de son rôle et surtout de la posture du communicant.

 

Quoi qu’il en soit, le colloque fut une réussite par un dialogue et un échange qui relève, d’une certaine façon, de la communication interculturelle. C’est fondamental pour la pratique de notre métier dans un environnement bilingue. Le rendez-vous est donc pris pour l’année prochaine.

 

Christine Donjean

Vice-présidente de l’ABCi

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