[CONCOURS] A gagner : le livre « Le burn-out, Travailler à perdre la raison »

Un article de Johanne Grandsire-Rami, Partenamut - 31 mai 2019

 

Rebondissements dans la presse et dans les ressources humaines. Lundi 27 mai, l’Organisation Mondiale de la Santé intègre le syndrome dit de « burn-out » dans la classification internationale des maladies. Et puis non.

Ce que l’OMS appelle « l’épuisement professionnel » était déjà considéré comme une maladie – professionnelle. Seule sa définition a été modifiée tout récemment donc. Selon l’OMS toujours, le burn-out « fait spécifiquement référence à des phénomènes relatifs au contexte professionnel et ne doit pas être utilisé pour décrire des expériences dans d'autres domaines de la vie ». C’est tout.

Et pourtant, à l’OMS, dans les petites ou grandes entreprises, le burn-out est dans toutes les bouches. Dans toute la presse. Évoqué à demi-mot ou en pleine page, c’est un syndrome qui fait peur, qu’on comprend mal, qu’on hésite à employer, et qui ressemble beaucoup à l’omerta qui a entouré à l’origine le mot « dépression ». On l’a appelée « mélancolie », « spleen », « ennui », « hystérie » même. L’art de nommer ce qu’on comprend mal quand on ne le ressent pas.

Bref. Je ne vous ferai pas l’affront de revenir sur l’origine du mot burn-out, ses applications, et créer ici d’innombrables liens vers des articles qui, peu ou prou, disent tous la même chose.

Au contraire, j’ai lu très récemment, car l’ouvrage est sorti début mai 2019, une BD qui présente le burn-out et ses origines sous un tout nouveau visage : « Le burn-out, travailler à perdre la raison », scénarisé par Danièle Linhart et joliment illustré par Zoé Thouron, dans la collection La Bédéthèque des Savoirs du Lombard.

Le pitch du livre : « Pourquoi, alors que nous pensions que le travail était devenu bien moins pénible qu’aux siècles derniers, les burn-out, les dépressions et même les suicides sur les lieux de travail se sont depuis généralisés et n’épargnent plus aucune société occidentale ? Danièle Linhart nous explique non sans humour les effets pervers des politiques managériales contemporaines qui précarisent les travailleurs, jusqu’à parfois les faire douter de leurs propres valeur et légitimité. »

À l’heure où l’on parle volontiers de renommer les Ressources Humains en Département Bien-Être, où les « Chief Happiness Officer » pullulent, ce livre prend le parti de revenir sur le sens même du travail, sur le « pourquoi » du travail.

Après une introduction sur les origines de ce qu’on pouvait déjà appeler dans l’Antiquité l’épuisement professionnel, les auteurs reviennent sur les techniques de management à l’œuvre depuis quelques décennies, qui traitent davantage l’affect et les émotions que les compétences de l’individu.

Avec pour objectif affiché de travailler avec joie et bonheur – ce que les auteurs affirment, on glisse pernicieusement vers un travail qui au bout du compte n’a plus de sens. Des objectifs qu’on DOIT toujours dépasser. On surperforme. On cherche un « équilibre » entre vie privée et vie professionnelle. Or ce concept d’équilibre est très neuf.

Qui se posait la question il y a encore 100 ans d’avoir un équilibre famille-boulot quand les moissons arrivaient ?

Sans vouloir retracer l’intégralité de l’ouvrage – qui s’il se lit en une heure, fait réfléchir pour le reste de la semaine – je voulais surtout montrer ici que le traitement médiatique qu’on peut lire du burn-out est très partiel. On ne compte plus le nombre de politiques RH visant à « prévenir le burn-out », en parallèle des team-buildings pour « dynamiser » les équipes. On impute les dépressions et l’épuisement à l’inadaptation au changement. En résumé, on en fait un concept générationnel, et non le résultat d’accélérations successives de manières de travailler.

Le plus intéressant dans ce petit livre enfin, ce n’est pas ce qu’on y apprend. C’est davantage la sensation d’un nouveau souffle, d’un retour aux fondamentaux et l’agréable impression que les auteurs se sont posé la question du : « pourquoi » en est-on arrivé là ? plutôt que du « comment ».

Bref, si ça n’est pas un livre rassurant sur notre société, il a le mérite d’être intelligent !

Bonne lecture. 

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