Elections sociales, quel rôle pour la communication interne ?
Les élections sociales se dérouleront entre le 7 et le 20 mai 2012. Une affaire de juristes et de techniciens ?
Le compte à rebours a déjà commencé. Pour les élections sociales de mai 2012, les premières procédures commencent dès décembre 2011. Il y a toute un calendrier technique à respecter, des affichages à prévoir, des informations à diffuser à temps et à heure, sous peine de recours en annulation de la procédure devant les tribunaux.
Les comités de direction et les départements RH sont "sur le pont". Qu'en est-il de la communication interne ? Rencontre avec Alain Lancelot, conseiller juridique chez Partena HR Audit social, et expert en gestion des relations sociales et en communication, une matière qu'il enseigne à ICHEC Entreprises dans le DES Ressources humaines.
1. Les élections sociales sont un moment clé du dialogue social. Sur le plan de la communication, comment les aborde-t-on dans les entreprises ?
Tout dépend du ressenti de l'employeur. Dans ma carrière, j'ai eu l'occasion d'accompagner pendant 30 ans près de 500 entreprises dans leur processus électoral. Par rapport au fait syndical qui survient dans l’entreprise à l’occasion des élections sociales, j’ai pu observer deux types de comportement patronal :
- L'attitude défensive : l'employeur se conforme au strict minimum légal. La loi prévoit-elle un affichage des communication, le département RH procède à l’affichage purement formel avec des affiches qui se limitent aux données strictement techniques exigées par la loi. A la limite, l'employeur se contenterait de placer l'affiche dans son bureau … laissant la porte ouverte.
- L'attitude offensive consiste à accompagner cet affichage purement formel par une information de fond, contextuelle. Je promeus pour ma part cette conception qui va au-delà du strict prescrit légal. Je trouve capital d’informer complètement les travailleurs sur les enjeux de l’élection, tant par la mise en place des organes représentatifs des travail que par la concertation sociale qui va en découler. C’est capital pour le long terme : après, si il y a une dérive avec un représentant, la direction pourra d'autant mieux rectifier le tir que l'information aura été transparente au moment de l’élection et que les attentes réciproques auront pu être exprimées.
2. Travaillez-vous avec les équipes de communication interne ?
Très souvent. Au-delà des affiches qui peuvent donner des informations complémentaires sur le processus électoral, le calendrier etc., je travaille avec les communicants internes pour organiser des séances d'informations, mettre des textes à disposition du journal d'entreprise etc.
On explique aux travailleurs qu'ils peuvent se porter candidat, mais que s'ils le font, ils doivent passer via une organisation syndicale. Ce qui est loin d’être innocent. Il faut également faire prendre conscience que les élections sociales ne sont que le début d'un processus : un mandat implique une réelle responsabilité. Il y a des droits mais aussi des devoirs. On ne représente pas soi-même mais l’ensemble de sa catégorie de personnel, ouvrier, employé ou cadre.
3. Avez-vous connaissance de pratiques innovantes sur le plan de la communication ?
Honnêtement, pas vraiment. Les élections sociales restent un sujet extrêmement "touchy", et je suis déjà tellement heureux lorsque les affiches dépassent le simple prescrit légal, et que l'on arrive à organiser des réunions d'informations.

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