La génération Y au crible d’une enquête inédite
Nous sommes nombreux à avoir été sensibilisés à l’arrivée de la génération Y dans les organisations et à avoir même été convaincus de ses caractéristiques les plus marquantes par la presse spécialisée. Qui n’a pas manqué de mettre en évidence combien cette « nouvelle vague » de jeunes constitue un défi sinon une menace pour les communicateurs, recruteurs et formateurs. En tout cas, chacun est aujourd’hui persuadé que la cohabitation de plusieurs générations – au moins trois - dans nos entreprises représente un nouveau challenge pour nous tous.
Tout l’intérêt de l’atelier ABCI animé par Céline Rouaux de l’agence de communication Frajlick, était précisément de passer ces stéréotypes au crible d’une enquête inédite autant qu’instructive et de nous confronter à nos représentations sur la génération Y.
Les stéréotypes
Céline Rouaux a commencé son séminaire en mettant les participants en situation de formuler les représentations qu’ils avaient développées à propos de la génération Y. En reprécisant la définition de ce groupe : ils ont entre 18 -30 ans. Ils se distinguent ainsi de la génération X (les 31- 45ans) et des baby-boomers (46 à 65 ans). Et le florilège de représentations de s’exprimer à travers des allégations telles que : « ils ont des rapports directs et décomplexés avec leur hiérarchie », « ils veulent tout et tout de suite », « peu leur importe les moyens, seul le résultat compte », « ils ont peu de patience et veulent un feedback immédiat », « ils n’hésitent pas à remettre en question la hiérarchie et à mettre en cause les décisions », « ils aiment partager les infos et les décisions (la génération wiki) », « ils aiment se faire materner mais revendiquent leur autonomie », ils veulent l’équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle», « ils connaissent peu l’entreprise et ses réalités», « ils sont hypersensibles aux critiques », « ils sont idéalistes et à la recherche de sens dans leur travail»….
Les réalités
Les représentants de la génération Y sont nés dans les années 80 et 90. L’ère du numérique. Ne dit-on pas d’eux qu’ils sont nés en même temps que l’ordinateur personnel et que cet héritage les rend dépendants aux TIC, davantage encore que leurs ainés. Ils sont issus de la société « liquide », comme l’appelle Sigmund Bauman, une société où les rapports sociaux deviennent plus instables et provisoires, où les institutions sociales perdent leur rôle de référents, où s’installe un sentiment diffus d’instabilité et d’inquiétude psychologiques, où commence à s’imposer la société de consommation dans ses dimensions extrêmes.
Mais, il faut sans doute souligner aussi, au même moment, l’apparition d’une nouvelle réalité, la globalisation de l’économie avec son cortège d’instabilité professionnelle, d’intermittence, de précarité. La génération Y n’est pas une génération d’enfants gâtés même si elle est aussi celle de l’hyperconsommation. Il s’agit de personnes qui se culpabilisent de consommer trop et mal sans savoir trop comment remettre en cause ces pratiques dans la vie quotidienne.
L’enquête du bureau Frajlick
Pour asseoir quelques faits dans cet ensemble mouvant de réalités et de stéréotypes, le bureau Frajlick a lancé à l’été 2010 une enquête inédite auprès de 20.000 personnes issues du monde professionnel et représentatives des différentes générations. 1000 questionnaires furent validés, 51% de francophones et 49% de néerlandophones. Les sondés étaient interrogés sur un mode subtil : il leur fallait déclarer ce qu’ils aimaient, ce qui les stressait et ce qui les énervait, en modulant leur réponses sur une échelle à 5 niveaux. La première chose qu’il en ressort est que la génération Y ne présente pas sur l’ensemble des aspects une homogénéité parfaite. Miroir de son temps, elle s’inscrit bien plus dans un continuum par rapport aux deux autres générations qui, en quelque sorte, se sont laissé influencer par le mode de pensée et la sensibilité de leurs jeunes collègues. L’enquête confirme certains stéréotypes mais en infirme d’autres et présente, étonnamment, des différences significatives entre francophones et néerlandophones. Hélas, le coin du voile ne se soulèvera pas sur ce point, contexte politique oblige sans doute.
Quelques vérités avérées
La génération Y accorde une grande importance à son temps libre, à ses congés, pas nécessairement à leur planification. Le fait de devoir travailler plus tard, sur injonction hiérarchique, les énerve Ses représentants se confient davantage à leurs collègues qu’à leur chef quand il s’agit de régler un problème professionnel. Ils ne se révèlent pas plus individualistes que les autres travailleurs et ne cherchent pas plus que les autres à rester dans la même entreprise. Par contre, le manque de consignes claires les énerve de même que l’empiètement de la vie professionnelle sur la vie privée ou la nécessité de devoir gérer un projet en solitaire.
En conclusion...
En fait, seule l’intensité des perceptions exprimées varie entre la génération Y et les deux autres générations présentés sur les lieux du travail. Par contre, ses représentants forcent les communicateurs d’entreprise à revoir leurs modes et leur rythme d’interventions : la présence de ces jeunes leur présente une opportunité de remettre en question l’ensemble de la communication et du relationnel au-delà des générations.
Céline Rouaux a clôturé l’atelier par une série d’exercices portant autour de thématiques sélectionnées par les participants : comment organiser désormais les événements en entreprise pour susciter l’adhésion de la génération Y, comment revoir les modes de communication dans l’organisation et enfin comment traiter les jobistes ? De chacune de ces interrogations ressort le même constat : il nous faudra communiquer de manière plus authentique, plus rapide et éviter toute accusation de gaspillage ou de manipulation. Beaucoup de pain sur la planche donc !
Créée en 1973, Frajlick civilization & communications est une agence spécialisée dans toutes les thématiques de la communication interne et corporate. Elle propose une approche intégrée de la communication d’entreprise par le biais de trois départements spécialisés en formation, en création d’événements et en communication.
Plus d’infos sur le site www.frajlick.com. Les membres de l’ABCI peuvent consulter la présentation de Céline Rouaux sur l’onglet « Formations » du site www.abci.org.

Votre avis
