L'intranet : un espace réservé
Les sites internet de millions d'entreprises sont à portée de clic. Par contre, pour découvrir quelques intranets, il faut solliciter chaque visite auprès d'une amicale connaissance, car n'entre pas qui veut dans cet espace : l'accès est réservé ! Voilà pourquoi Dominique Annet (Université de Namur) et Jean-Marc Hardy (redaction.be) ont animé un atelier d'échange de pratiques.
Une vingtaine de participants et quelques étudiants se sont donnés rendez-vous aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur ce 16 mars 2010 pour un atelier de l'ABCI, exceptionnellement accueilli dans les locaux du Service Informatique Universitaire. Qualité du réseau (internet) oblige ! Petit lunch sandwichs (éclair au chocolat et jus de pomme bio inclus) pour faire connaissance et se préparer … aux quatre heures d'échanges qui suivirent.
Au menu de l'atelier : présentation et débriefing des intranets de la SNCB, Randstad, Solvay, Dexia, la Communauté française de Belgique, les FUNDP et l'Association Progrès du Management (APM). Un premier cadre théorique est aussi par les deux animateurs : le système informationnel de l'organisation (tout un univers!) et dix conseils pour rater/réussir son intranet (support de l'atelier disponible pour les membres de l'ABCI via l'intranet).
"Montre-moi ton intranet, je te dirai qui tu es"
Au coup d'œil, un intranet doit être simple et utilitaire. C'est avant tout un outil de travail et d'information pour les utilisateurs. Un outil qui doit faciliter leur tâche et rendre le travail collectif plus efficient : mieux fonctionner, mieux produire, mieux vendre, etc. Il est ainsi et aussi le reflet de la santé, de la politique, de la gestion d'une organisation. Un intranet ne manage pas bien sûr, il transpose le style de management actuel …ou souhaité (il peut en effet être utilisé pour faire évoluer un style de management vertical vers un management plus réticulé, voire tout au moins matriciel). Il est un acte volontaire d'organisation réfléchie et sa mise en pratique pour se frotter à la réalité du terrain. Les vieilles habitudes ont parfois la vie longue …mais les nouvelles pratiques (déjà implantées dans la vie quotidienne) ainsi que l'urgence de l'efficience (crise oblige) frappent à la porte des entreprises.
1. Intranet et communication interne tu ne confondras pas.
2. L’édition du contenu à quelques personnes choisies tu ne réserveras pas.
3. Les attracteurs tu ne négligeras pas.
4. A la mise à jour tu veilleras.
5. Un pilote tu choisiras.
6. Une usine à gaz tu ne construiras pas.
7. De l’intranet tu parleras autour de toi.
8. Les outils « clés sur porte » tu éviteras.
9. Le 100% Top Down tu fuiras.
10. Le 100% Bottom Up tu banniras.
De présentation en présentation, des pages d'accueil aux bannières visuelles, le débat se fait animé et chaque site est analysé (confidentialité oblige, la plupart des commentaires resteront entre les participants). Ne pas surcharger les pages, définir judicieusement ses objectifs et ses publics, écrire pour être lu et compris, cesser la paranoïa et laisser le plus de contenu possible visible par les publics qui disposent d'un accès réservé (les informations vraiment confidentielles ne se trouvent jamais sur un intranet), favoriser la participation par le plus grande nombre, penser "bases de données" à exploiter ou à mettre en place avec le service compétent, plus qu'informer et communiquer, penser à "relier" avec des attracteurs (personnalia, petites annonces, météo, etc.), soigner les interfaces d'édition (ergonomique c-à-d spontanément évidente à utiliser), accepter que ce n'est plus le service presse mais l'outil électronique qui est désormais le cœur informationnel autour duquel les autres métiers se relient, etc. Les considérations fusent dans tous les sens et l'après-midi est trop courte pour faire le tour en détails ; les participants en redemande. Un autre atelier intranet, un atelier web 2.0. … Suivez le programme !
S'il ne fallait retenir qu'une idée, au-delà des données techniques : ni internet, ni communication interne, l'intranet est un peu des deux et surtout …bien plus. Il est un outil en soi, une approche en soi, un métier en soi. Dans coulisses (pour celles et ceux qui en ont déjà la pratique) et lors de cet atelier (pour les novices), on se rend compte de l'ampleur de la tâche. Nous ne sommes qu'au début du chemin …mais quel monde passionnant à découvrir et à construire !
Sandrine Herbot,
étudiante à la Haute Ecole Albert Jacquart (Namur)

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