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Le rôle du dirigeant dans la communication interne de l’entreprise

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30/11/2009    Catherine Buchillet-Priol    Imprimer    Envoyer à un ami

Beaucoup de leaders et de managers ont vécu cette expérience. Le processus et le contenu des informations sont de plus en plus professionnels et pourtant les personnes se disent mal informées. Des démarches de concertation sont menées sincèrement, et certains résultats se révèlent décevants. Des actions de changement sont nécessaires et intelligentes sans toutefois remporter une complète adhésion. Où sont donc les besoins et les attentes des personnes et des équipes ?

Développer une communication interne vivante demande de privilégier la personne par rapport à la tâche, or toutes nos réflexions en organisation et en processus ont tendance à  mettre la tâche au centre de l’activité et de la reconnaissance. Trois axes clé orientent le pilotage de la communication interne : 

  1. "Accrocher sa charrue à une étoile ", c'est à dire éclairer la stratégie de l'entreprise pour que chacun trouve du sens et puisse situer sa contribution. La mission de la communication interne est de développer un capital immatériel de l’entreprise : celui du « sentiment d’appartenance » qui fait que lorsque le collaborateur parle de l’entreprise, il en parle en son nom propre et en est fier. Le sentiment d’appartenance s’appuie sur 3 piliers : l’institution (l’histoire de l’entreprise, ses fondateurs, ses valeurs), les métiers, les produits. Qu’est-ce que vos collaborateurs mettent spontanément en avant pour définir leur entreprise, qu’est-ce qui fait sens pour eux ? 
  2. Rendre "le travail communiquant", en dépassant la seule logique d'information. Lorsque les collaborateurs sont mécontents et disent ne pas participer et être manipulés, une seule raison est responsable à 80 % de ce mécontentement : les managers dans la conduite de leurs actions ont confondu les processus d’information et de communication. Or ce sont deux processus ennemis. L’information se conçoit avec la tête, est objective, neutre, précise. On dit qu’elle opère sur un registre balistique, militaire, sur un territoire bien défini. La communication se conçoit avec le cœur, elle est subjective, implicite, participer au dialogue est plus important que le message. On dit qu’elle opère sur un registre « maïeutique » (l’art d’accoucher en grec), dans lequel ce qui compte c’est d’aider l’autre à construire son chemin d’interrogation sans donner de réponse à sa place. Il y a donc des situations, des objectifs, des comportements, des médias spécifiques à chacun des deux processus et c’est cela qu’il faut orchestrer.  
  3. Développer chez chaque responsable la pratique du "crédit d'intention" plutôt que celle du procès d'intention. Rappelons-nous le mot de Goethe, il constitue la prophétie auto-réalisatrice de la communication interne : « Conduisez-vous envers les hommes comme s’ils étaient ce qu’ils devraient être et vous les aiderez à devenir ce qu’ils sont capables d’être. »
Témoignage
Jean-Christophe Weiker est Administrateur Délégué de l’Agence « Voyages Copine » et membre du club APM « Bruxelles 2000 » (www.apm.fr). Pour lui, communiquer c’est com-munier c'est-à-dire favoriser l'implication de tous au service de la passion de l'entreprise. Le patron doit mettre en place un cadre, un espace, un lieu d'échanges. « Communiquer, c’est autre chose qu’informer. Informer, c’est énoncer des faits objectifs et pertinents. Communiquer, c’est créer un outil de partage entre la direction et ses collaborateurs ». Concrètement ? « Je privilégie l’interaction lors… …. et j’évite d’inonder les rencontres d’informations. J’informe sur le projet, la passion et je réponds aux questions posées ».

Article paru dans "Dynamisme Wallon", magazine de l'UWE, septembre 2009. Publication avec l'aimable autorisation de l'auteur et de l'éditeur.

Une présentation de Catherine Buchillet-Priol

Aujourd'hui conseil en management et en communication, coach, elle aide les personnes et les équipes dirigeantes à anticiper et à accompagner les évolutions d'entreprises par des démarches de concertation. Auparavant, elle exerçait son métier en étant intégrée à la Direction de la Communication et de la Qualité d'un grand groupe industriel (Aujourd’hui ArcelorMittal). Titulaire d'un DEA de sémiologie, formée à la psychosociologie, à la psychanalyse, au coaching, qualifiée « mbti » «disc » « wave », elle a été chargée de cours à l'université, dans un DESS de management et au Cnam. Elle est l'auteur d'un ouvrage destiné à faciliter l'expression des managers : "Prendre la parole, guide pratique" - Insep Édition.