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Les abréviations : un jeu… dangereux ?

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19/11/2009    Gaëlle Hoogsteyn    Imprimer    Envoyer à un ami

SEPA, BCE, BNB, CCT, PAP… dans la sphère professionnelle comme privée, nous sommes inondés d’abréviations, plus diversifiées les unes que les autres. Celles-ci peuvent porter sur des institutions (UE), des produits (sicav)… et peuvent être générales (Unicef), propres au monde du travail (CPPT), au secteur financier (IBAN), voire propres à une entreprise. Bien pratiques, elles nous permettent de gagner de la place à l’écrit et du temps à l’oral. Néanmoins, il convient de les utiliser avec prudence. Car si certaines sont claires aux yeux de tous, d’autres sont plus nébuleuses et peuvent, dans certains cas, avoir plusieurs significations, avec tous les risques de confusion que cela entraîne.

Les dangers

L’un des principaux dangers réside dans les nombreuses significations que peut parfois revêtir une seule abréviation. Il importe alors de savoir dans quel contexte la communication se situe. À titre d’exemple, prenons le terme ABS. La majorité des personnes interrogées sur sa signification penseront au célèbre système de freinage. Toutefois, un gardien répondra plutôt l’Association Belge pour la Sécurité, un scientifique l’acrylonitrile-butadiène-styrène copolymère. Ainsi, le terme BIC, communément connu comme une célèbre marque d’instruments d’écriture, signifiera pour un banquier Bank Identifier Code, un JOB ne sera pas un boulot, mais un Jour Ouvrable Bancaire, et SPOC, le très apprécié capitaine de la série Star Trek, deviendra un Single Point of Contact. De quoi perdre son latin.

Autre défi de taille : les abréviations font souvent fi de toute frontière linguistique. Il n’est ainsi pas rare de trouver des abréviations découlant de termes anglais ou néerlandais dans des communications en français. Exemple des plus parlants : les e-mails. Ces messages brefs et souvent informels se prêtent en effet particulièrement bien à leur utilisation. Qui n’a jamais précisé qu’une tâche devait être réalisée asap (as soon as possible) et qu’il fallait se référer aux FAQ (Frequently asked questions) avant d’indiquer en formule de politesse bàv (bien à vous) ou mvg (met vriendelijke groeten), son homologue du nord du pays ?

Certaines abréviations sont à ce point entrées dans l’usage qu’on en oublie leur signification d’origine. Savez-vous que le terme laser est en réalité l’abréviation de « Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation » ? On en apprend tous les jours…

Quelques conseils

Ces abréviations vous sont peut-être familières ou… peut-être pas. Quoi qu’il en soit, dans tous les types de communication, il est essentiel de se mettre dans la peau du lecteur, de connaître son public cible et de s’y adapter. En vue d’une communication optimale, il est recommandé de préciser entre parenthèses la signification d’une abréviation lorsque celle-ci apparaît pour la première fois dans un texte. En outre, il convient de prendre conscience que trop d’abréviations nuit à la compréhension. Exemple : «  Utilisation du CRM pour la communication au SM’er,
CB’er, DZA et DZ. ». Vous suivez ?

Petite leçon de grammaire

Pour conclure, nous vous proposons une petite leçon de grammaire. Pour être tout à fait précis, les abréviations dont traite cet article sont des réductions.

La réduction est un phénomène lexical qui donne naissance à un nouveau signifiant, même si la forme réduite conserve la même signification que la forme pleine. Il en existe de deux types : les sigles et les acronymes.

Le sigle est un groupe de lettres qui se prononce lettre par lettre. Toutes les lettres sont en majuscule et, selon la règle classique, séparées d’un point (O.N.S.S., B.C.E., S.I.P.P.T….). Toutefois, la tendance actuelle est à la suppression de ces points.

L’acronyme est un groupe de lettres prononcé comme un mot. Selon les cas, toutes les lettres prennent la majuscule mais ne sont pas séparées d’un point (OTAN, IBAN, ORO…) ou seule la première lettre prend la majuscule (Unesco, Unicef…). Certains acronymes sont construits à partir de plusieurs lettres de chaque mot pour composer une abréviation aisément prononçable (Benelux). Lorsque l’acronyme équivaut à un nom commun, il est parfois traité comme tel : il prend la marque du pluriel et toutes les lettres sont en minuscules (des ovnis).

Notons également que lorsqu’une abréviation doit être écrite dans sa forme pleine, il est d’usage de mettre une majuscule au premier mot et pas aux autres. Comme vous pouvez le constater, édicter une règle valable pour toutes les abréviations relève de l’impossible, la langue française nous réservant toujours son lot de difficultés. En cas de doute, le mieux est d’ouvrir son dictionnaire ou d’effectuer les vérifications qui s’imposent sur des sites web spécialisés.

Alors, tous à vos plumes !