In het Frans dans le texte
Si l’emploi des langues est un problème qui déchire le monde politique, il semble résolu avec pragmatisme et bonne volonté dans la communication interne des entreprises.
Votre journal d’entreprise, votre réunion interne, je vous les sers en français ou en néerlandais ? La question est quotidienne pour les entreprises bruxelloises - d’après une enquête du Tibem (Tweetaligheid in beweging, bilinguisme en mouvement), 33% des entreprises bruxelloise pratiquent une communication interne bilingue, et 45 une communication multilingue ! Mais elles ne sont pas les seules à y être confrontées : toute entreprise établie dans plusieurs régions du pays, ou occupant des travailleurs des deux rôles linguistiques est concernée. Comment adaptent-elles leur communication ? Par des directives précises ou de manière informelle ? Commet réagissent les collaborateurs ? Un petit d’horizon de quelques entreprises membres de l’ABCI.
Panaché
Au Sénat, le personnel (quelque 375 personnes) est considéré comme bilingue et le journal d’entreprise n’est donc pas traduit. « Cela dépend de celui qui écrit l’article, souligne Françoise Themelin. Il y a donc un panaché de langues dans notre journal, de même que dans les flashs d’information urgents, par exemple. Mais nous veillons tout de même à assurer, globalement, un équilibre linguistique. Cette approche nous fait gagner pas mal de temps de traduction. » Ce panachage se retrouve aussi dans les réunions, où chacun s’adapte à la langue des autres participants – mais ceci se fait de manière informelle et en souplesse, sans directives précises. Par contre, les notes officielles, les textes statutaires et l’intranet sont totalement traduits.
Autre approche à la Stib : si le personnel est également censé être bilingue (en tout cas passivement), toute la communication écrite est traduite intégralement, question de s’assurer de la bonne compréhension des messages. La communication informelle (réunions notamment) se passent de manière bilingue pour les cadres – ils se répartissent grosso modo 50/50 entre francophones et néerlandophones. « La situation est plus complexe pour les ouvriers, avec des chauffeurs plutôt francophones et des ouvriers en ateliers plutôt néerlandophones », précise Catherine Jennes. Il sera ainsi parfois nécessaire de prévoir le bilinguisme même pour de la communication verbale.
Percée de l’anglais
Chez ING, explique Ann Callier, la règle est de tout traduire intégralement. Même un événement dans telle agence de Zonhoven ? « Oui, car nos outils de communication sont de plus en plus centralisés et valables pour tout le pays. » Pour les réunions, c’est la bonne volonté et la courtoisie qui prévalent et chacun s’adapte à la majorité des participants. Dans les faits, l’anglais domine souvent dans les communications informelles. Quant à la question linguistique elle-même, taboue dans la plupart des entreprises, elle est abordée ici sans complexe : Infomana, le journal d’entreprise, a ainsi récemment publié un article sur les transferts financiers entre les régions, titré « Wallons paresseux ou Flamands riches ? ». « Il a été bien accueilli, souligne Ann Callier, et a suscité des discussions ouvertes, mais sans tensions. »
Dans une autre banque, Dexia, « la communication écrite est traduite à 99% », précise Guido Mertens. « Nous partons du principe qu’il y a un intérêt à savoir ce qui se passe dans la banque, quelle que soit la région. » Pour lui, c’est une culture typiquement belge : chacun parle la langue de l’autre, il y a un grand respect mutuel. Mais il faut tout de même veiller à un équilibre : les francophones sont actuellement minoritaires (35%) ce qui provoque chez eux une plus grande sensibilité à l’usage du français dans l’entreprise.
Dans une entreprise multinationale comme AGC Flat Glass, la problématique est encore différente. « Toute la communication formelle est entièrement traduite, souligne Benoit Ligot. Nous nous chargeons ainsi de réaliser le journal d’entreprise dans huit langues différentes ! » Au siège bruxellois, dans les réunions et autres moments de communication internes, pas de règles: tout se passe en français, néerlandais ou anglais selon les participants – l’anglais servant en principe de langue véhiculaire dès lors qu’un des autres langues est moins bien maîtrisée par l’un ou l’autre des participants.
Langues: peut-on faire ce que l'on veut? |
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Non ! L’emploi des langues dans les entreprises est précisé par toute une série de dispositions législatives. C’est le lieu où est installé l’entreprise qui régit l’emploi des langues dans l’entreprise. Pour tout ce qui concerne les ‘relations sociales’, si le siège est établi dans la région de Bruxelles-Capitale, l’employeur doit adopter le français dans ses communications écrites destinées aux travailleurs d’expression francophone et le néerlandais envers ses employés d’expression néerlandophone. Pour la communication verbale, chacun peut utiliser la langue de son choix. En Région wallonne, le français est imposé dans les relations sociales et les documents officiels. Tandis que dans la Région flamande, tant la communication écrite que verbale doivent se faire en néerlandais pour les relations sociales. Enfin, dans la région de langue allemande, les documents doivent être rédigés en allemand, mais il est possible d’utiliser une autre langue sans formalité. Cette législation s’applique-t-elle à la communication interne ? Les juristes hésitent : un journal d’entreprise concerne les relations sociales et devrait à ce titre tomber sous le coup de la loi. Mais il peut aussi être destiné à des tiers. Seul un cas de jurisprudence permettrait d’y voir plus clair… Tiré de ‘La communication interne’, Christine Donjean, Edipro. |
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Les juristes hésitent : un journal d’entreprise concerne les relations sociales et devrait à ce titre tomber sous le coup de la loi. Mais il peut aussi être destiné à des tiers. Le cabinet d’avocat Lydian reste aussi sybillin : pour lui, la législation sur l’emploi des langues s’applique à ‘toutes les relations entre employeurs et travailleurs qui prennent place au niveau de l’entreprise’ – mais les exemples de publications citées vont des instructions au personnel aux contrats de travail, en passant par les codes de bonne conduite et autres. Mais sans mentionner spécifiquement le journal d’entreprise ou les intranets. Seul un cas de jurisprudence permettrait d’y voir plus clair…
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